le chat est dehors. Normal. Le chat fait ses besoins partout dans la maison, sur le canapé en cuir, sur les habits. Je ne peux pas le garder dans la maison. Je l'ai mis sur la terrasse, avec son abrit et dedans un habit à moi, et puis tout ce qui va avec. Il est sur une terrasse fermée, au sec.

Pourtant j'ai une tristesse. Je regarde le chat par la biais de la baie vitrée, et j'ai une douleur en moi. J'aimerai que le chat rentre dans la maison, mais je ne peux pas tout laisser. Je lui avait ouvert la porte du placard, ou il se reposait sur des tissus, et ou il avait accès autant à la maison qu'à la terrasse.

Mais le chat a décidé de faire à sa manière, et d'oublier les bonnes résolutions du bien être à vivre ensemble, entre humain et chat.

J'a comme l'impression de faire quelque chose de mal. Et puis après je me dis que le chat a de quoi se nourrir, de quoi dormir au sec, et que finalement je ne fais rien de mal.

Mais pourtant, par le biais de cette vitre, la larme ne coule pas sur ma joue, mais la larme danse en moi, dans ma tête. Je ressens la larme venir vibrer le moindre de mes souffles, et comme si elle m'interdisait de sourire.

Alors je souris un peu indélicatement, car j'ai envie de pleurer... Je crois que j'ai envie de pleurer depuis quelques jours.

Tout en étant bien, il reste un excès de sanglots qui viennent se poser quelque part dans un coin de ma vie.

Un coin de ma vie ou je recommence presque à zéro. Comme si je fais une pause sur les rêves que je dois conquérir durant ce trajet de ma vie. Le chat délimite son territoire à sa manière, mais moi je ne délimite rien. Puisque rien ne m'appartient, alors je conjugue ma vie en fonction de là ou je suis, sans esprit de possession.

J'ai pour tâche de rétablir le quotidien de mon fils en remettant en place tout ce que j'avais manqué depuis mon départ sur l'autre continent. Mon fils étant revenu quelques mois avant moi, alors je remets en place cette vie à deux, comme si en fait les individus devaient apprendre à nouveau à vivre ensemble.  

Un peu comme nous tous, ou nous vivons avec nos différences et que nous devons tous autant que nous sommes, garder une liberté d'être et une égalité identique.

Le départ de l'autre continent a laissé un réel vide, une blessure en moi que je ressens au quotidien. Ici je ne trouve pas le temps de cheminer sur les routes pour apprivoiser quelques endroits afin que je m'y sente bien.

Apprivoiser des endroits et des couleurs, sans pour cela les posséder.

Alors je me promène en voiture, évitant les rues piétonnes de la ville et évitant de m'installer seule dans un restaurant ou dans un café afin d'éviter le regard de certains qui me dévisagent, car il semblerait que pour eux, une femme au foulard est une femme soumise.

J'ai envie de leur dire, à ceux qui me dévisagent ainsi, que je n'ai aucun mari pour me dire ce que je dois faire, et que je suis le parfait exemple d'une femme libre.

J'ai envie de les infomer que grâce à leurs jugements, je ressens une solitude que je n'aime pas.

Je ne cherche pas à dissimuler cette petite tristesse qui s'est installée depuis mon retour. C'est juste un énorme vide bercé de mélancolie que je partage aussi avec la sensation de bien être que je ressens.

Dans peu de temps, et j'avoue je ne sais pas quand car cela viendra tout naturellement, je vais recommencer la marche, reprendre ma quête, revenir aux étapes essentielles de la vie pour atteindre le réel bien être, qui sont la simplicité, la conquête de soi même et de ses rêves, et de redevenir un arpenteur de bien des infinis.

Les infinis sont partout et si variés. Il suffit juste d'en prendre conscience.

Rien n'arrive par hasard. Tout est écrit. Mais comme on ne sait pas ce qui est écrit, alors pour ma part, je continue d'espérer et de tout faire, afin de prendre la meilleur route, et savoir que quelque soit le sanglot qui peut me vêtir, je dirai avec conviction toujours "tout va bien" .

Je vais lire le coran, attendre la dernière prière, et poser un peu mes paupières pendant que d'autres dans le monde, commencent à s'éveiller...

 

Moi,