Je repars. Dans quelques semaine, je refais le trajet du retour, de l'endroit que j'ai quitté il y a plus de 1 an.

Certains diront que c'est une marche arrière, voire un échec.

Pour ma part, je leur répondrais que c'est juste une étape dans ma vie, une étape riche et qui ne se termine pas car je fais la route dans le sens du retour. Une aventure humaine ou j'ai rencontré des voitures folles et des gens presque aussi fous, mais ou certains ont énormément de valeurs, d'humanité.

Je pars dans l'objectif de toujours revenir.

 

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Toujours revenir ici ou ailleurs, mais il faudra bien que je passe ici, dans cet autre continent ou la mer et l'océan vont presque se toucher, et ou les continents sont séparés par des eaux, l'une douce et l'autre un peu plus salée.

Les trajets du bateau ne vont pas me manquer, puisque tout dépend de la portée du vent qui se promène sur les vagues. Et puis cette attente , et vous ne savez même pas quand elle se terminera.

Presque inquiète de quitter ce continent, j'ai envie de revenir déambuler dans les ruelles étroites ayant pour habitation des murs si colorés.

Je pars avec un peu de tristesse, et puis toujours ce brin d'espoir qui me mène toujours dans un endroit, même quand je n'ai pas spécialement envie d'y être.

Les gens que j'ai laissé il y'a plus d'1 an continuent leur aventure mais j'ai comme cette impression qu'ils sont toujours à la vitesse point mort ou les roues n'avancent pas.

Je savais qu'ils n'allaient pas me manquer bien avant que je parte de l'autre continent pour venir ici, et je sais que je n'ai pas spécialement envie de les revoir. Nos rencontres se feront au fil d'un imprévu, ou l'on se parlera quelques minutes et ou bien évidemment on me demandera pourquoi je suis là et toutes ces choses inutiles dans une conversation qui souvent ne servent à rien.

Comme avant, ils se prétendront être des amis, mais ils ne seront que des connaissances que je rencontre sur la route quand je me pose ou quand je divague.

J'ai juste envie de leur dire que lorsque j'entretien des discussions sur la vie et mes angoisses, mes querelles et mes espoirs  c'est avec des gens que je ne verrai jamais et que je rencontre au détour de ma traversée de ce monde, mais pas eux.

J'ai juste envie de leur dire que c'est ainsi, face à des inconnus que nous ne verrons jamais, que nous parlons des débris que nous avons et des rêves sans craindre le jugement de l'autre.

Mais je ne dirai rien, car ils ne comprendraient pas. Ils sont pris dans le tourbillon de leur cercle, ou j'ai l'impression qu'ils se sont enfermés dedans. Ils ne bougent pas, ils ne traversent pas le monde, ils ne voient pas d'autres paysages, d'autres rires, d'autres douleurs et ne comprennent pas ces différences , Ils sont là, cloîtrés dans leur quotidien....

Ils ne comprendront pas pourquoi je repars, ni pourquoi je suis partie d'ici . J'ai envie de leur dire que j'ai besoin d'un changement pour ne pas me trouver dans l'ennui. J'ai besoin de leur dire que j'ai besoin d'aider les autres, et de m'aider aussi à devenir , grandir. J'ai besoin de leur dire que les voitures folles pour l'instant me font du mal, et que j'ai envie d'un peu de calme. J'ai envie de leur dire que le calme que je vais trouver ailleurs finira par me déranger, et que je voudra repartir encore, me retrouver ici avec ces voitures folles et des gens qui vont me manquer, ou me retrouver ailleurs dans un endroit que je ne connais pas.

J'ai envie de leur dire que le monde est tellement grand, que rester dans un endroit tout le temps me ferait croire que je suis en prison. C'est un peu comme la vie de tous les jours, je n'aime pas manger à l'heure normale, ni m'assoir au même endroit, et je n'aime pas dormir à partir d'une certaine heure sous prétexte qu'il faut le sommeil adéquat.

Je n'aime pas cette habitude de devoir vivre comme les autres, et de rentrer dans le système imposé qu'un autre être humain "dominant" aura créée.

 

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Et pourtant j'ai une habitude que j'ai depuis  bien plus de  30 ans. Encore une fois, me revoila dans une route en sens inverse avec une nouvelle traversée de ma vie, mais ou j'emporte encore avec moi, les lettres de l'homme de la lointaine Amérique, sur sa moto qui roule si vite.

Je l'emporte dans mes trajets et toutes les déroutes qui peuvent arriver, ainsi que dans mes amours et puis mes cris, et j'emporte dans mes silences ou en secret, un être qui me tient la main depuis si longtemps.

Une béquille droite et une béquille gauche dans un monde qui tourne si vite, ou qui tourne lentement, en fait tout dépend de ce que l'on fait de notre vie.

 

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Que faisons nous de notre vie ? Qu'attendons nous ? le prince charmant et la princesse aux belles parures ? Oh tout ceci n'est que mensonges. Certains vivent de théories, d'autres vivent d'émotions, et j'ai besoin de ressentir pour me sentir exister.

Pourquoi j'écris tout ceci, alors qu'en fait je parlais de mon départ. D'un départ qui arrivera dans quelques semaines, et ou je compte peu les jours.

Je repars, avec une valise et mes dossiers de travail.

Je laisse ici le matériel nécessaire à mon retour, et je n'ai besoin que de l'essentiel : mes médicaments, mon ordonnance, mon travail, mes habits, et mon téléphone pour qu'on puisse me joindre et voir aussi par internet, comment le monde est en train de bouger, de rire ou de pleurer, ou tout simplement appeler les êtres qui sont importants à mon coeur.

Je regarde mon appartement.  

Mon appartement presque un peu vide, est meublé de blanc et d'argent puis de couleur dorée. La décoration est agréable, mais les murs sont aussi froids que les sols, et j'ai comme cette impression que la vie n'existe pas, que rien ne parlent aux ombres, ni aux rayons de soleil qui viennent se poser .

L'appartement est certes agréable à vivre, mais autant la solitude est primmordiale pour se ressourcer, autant l'isolement est comme une maladie incurable, presque mortelle pour quelqu'un qui ne croit en rien.

Mais je crois en DIEU et en l'islam.

Mes dérapages me mettent mal à la l'aise dans ma propre vie. Tout vient de moi, ce qui m'arrive en positif ou en negatif n'est qu'une partie de ce que je fais, ce que je dis.

Je continue de faire mes cinq prières par jour, car j'en ai besoin et car c'est une obligation. Mais ce n'est pas une obligation pour moi puisque les prières m'apaisent.

J'écoute le coran, mais je me rends compte que cela fait quelques temps que je n'avais pas ouvert le coran pour le lire.

J'ai besoin d'air, d'oxygène, d'émotions, et d'être dans un bien être quelques soit les erreurs que je peux commettre.

Je me remets en question. Cette remise en question n'a rien à voir avec les autres, c'est pour moi que je dois appuyer mon parcours, me définir dans le bien être que je veux avoir, et dans les chemins que j'ai envie de poursuivre.

Je suis presque assoifée de découvertes, mais je n'ai pas envie de m'installer dans un fauteuil troué ou je ne vois rien d'autre que le superflu.

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Je veux juste être bien, colorier mes imperfections, entendre les oiseaux parler aux ruisseaux, voir les montagnes devenir ensoleillées quand la pluie tombe, et sentir la fleur parfumer le rocher , et me relever quand mes sanglots me font glisser.

Qui je suis ? Un arpenteur de bien des infinis, un être humain qui découvre que le quotidien peut être si cruel si on ne se pousse pas à poursuivre ses rêves..

Des rêves, il y en a tant...



Moi,